Alexander Glazunov – Quintette à cordes opus 39 en La majeur (1892)
Alena Baeva, Kaja Nowak (violons), Yura Lee (alto), Justus Grimm, Raphaël Feye (violoncelles)
Igor Stravinsky – Chanson russe (air de Paracha de Mavra) pour violon et piano (1937)
Aylen Pritchin (violon), Alasdair Beatson (piano)
Dmitri Chostakovitch – Sept Romances sur des poèmes d’Alexandre Blok, opus 127 pour voix et trio à clavier (1967)
Katrien Baerts (chant), Artiom Shishkov (violon), Martijn Vink (violoncelle), Antoine Préat (piano)
Le quintette à cordes de Glazounov a la même formation que le célèbre quintette à cordes de Schubert : il ajoute un deuxième violoncelle au quatuor à cordes traditionnel. Cela confère à la musique un caractère particulièrement riche et sonore. Et tout comme chez Schubert, les deux violoncelles offrent au compositeur une grande flexibilité : il peut utiliser les deux instruments pour porter la mélodie, jouer un rôle d’accompagnement, remplir les harmonies centrales ou jouer une ligne de basse. Toutes ces possibilités sont pleinement exploitées dans cette œuvre magnifique et lyrique. Une œuvre riche et romantique qui ne puise que dans le dernier mouvement les rythmes entraînants typiques de la musique de danse russe.
Dans la courte et émouvante Chanson russe d’Igor Stravinsky, le violon est étouffé par une sourdine : cette sonorité particulière contribue à la vulnérabilité et à la tendresse de la confession lyrique, comme si l’on préférait ne pas exprimer à haute voix ses sentiments les plus intimes. Magnifique !
Les Sept romances sur des poèmes d’Alexandre Blok de Dmitri Chostakovitch sont un cycle de musique de chambre pour soprano, violon, violoncelle et piano. L’œuvre a été composée en seulement trois jours en 1967, après une explosion d’énergie créative ; une méditation très personnelle et intime sur l’amour, la perte et le pouvoir de l’art. Il est unique que les sept chansons ne soient pas toutes interprétées par l’ensemble complet. Elles s’alternent dans toutes les combinaisons possibles : la voix avec chaque instrument en solo, la voix avec trois duos différents et, enfin, les quatre interprètes réunis dans la dernière chanson.
Un concert émouvant à ne manquer sous aucun prétexte !